Durant l’été 2022, un contrôle antidopage effectué sur le vététiste suisse Mathias Flückiger avait révélé un résultat atypique. Ce dernier avait entraîné une longue procédure, particulièrement exigeante pour toutes les parties prenantes et très éprouvante pour l’athlète. En mai 2024, Flückiger avait finalement été acquitté par la Chambre disciplinaire du sport suisse de l’époque.
Le lundi 17 février 2025, Swiss Olympic (la présidente Ruth Metzler-Arnold pour diriger la séance, le directeur Roger Schnegg et le chef état-major de direction Cornel Hollenstein) a invité – dans un rôle d’intermédiaire – les parties prenantes à une table ronde à la Maison du Sport à Ittigen: à savoir Mathias Flückiger et son conseiller Christian Rocha, Swiss Sport Integrity (le président Ulrich Kurmann et le directeur Ernst König), la Fondation Tribunal du sport suisse (la présidente Raphaëlle Favre Schnyder et le directeur Yann Hafner), Swiss Cycling (le président Patrick Hunger), la Commission des athlètes de Swiss Olympic (coprésidence Jeannine Gmelin/Matthias Kyburz) ainsi que l’Office fédéral du sport OFSPO (la directrice Sandra Felix). Avec le soutien du conseiller externe Alex Miescher, l’objectif de la rencontre était de contribuer à la mise à jour de la lutte contre le dopage et de définir des optimisations dans ses différents domaines et processus. Ceci en complément du Tribunal du sport suisse, introduit en juillet 2024, et de son règlement de procédure, ainsi que des Statuts concernant le dopage et en matière d’éthique, révisés au 1er janvier 2025. Mais aussi en sachant que le résultat atypique de Mathias Flückiger est un cas exceptionnel à plusieurs niveaux.
La réunion a été l’occasion pour toutes les parties de souligner ce qu’elles considèrent comme un besoin d’action et d’informer sur les mesures d’optimisation déjà engagées ou mises en œuvre.
Toutes les personnes présentes ont plus particulièrement reconnu les moments difficiles vécus par Mathias Flückiger en raison des événements et ont exprimé leurs regrets. Toutes les personnes présentes avaient signé au préalable un accord de confidentialité, habituel dans ce genre de processus, permettant ainsi une discussion libre et l’atmosphère ouverte désirée. Pour cette raison, il a été jugé important de rédiger un communiqué de presse commun.
Lors de la table ronde, il a été convenu que Swiss Olympic élaborerait des recommandations et des mesures de soutien sur la base des expériences faites et qu’elle les mettrait à disposition des fédérations et des athlètes en cas de résultats atypiques ou positifs. Ces mesures seront par exemple des formations spécifiques et de la prévention, un soutien psychologique pour les athlètes concernés, des listes de contrôle et des recommandations dans le domaine de la communication de crise, qui auront pour objectif d’éviter autant que possible tout jugement préalable. De plus, l’objectif de la Fondation Tribunal du sport suisse est de clore une procédure en quatre à six mois.
Il n'a pas été possible de parvenir à un accord sur certains points. La demande de Mathias Flückiger et de la commission des athlètes d'un traitement complet et neutre du cas n'a pas été concrètement abordée. L'importance d'une instance de contrôle neutre de la Fondation Swiss Sport Integrity n'a pas été jugée nécessaire par différentes parties, étant donné qu'il existe une possibilité de recours auprès du Tribunal du sport. De manière générale, les athlètes ont regretté que les mesures élaborées en commun ne soient pas assez concrètes en l'état actuel des choses.
A la fin de la table ronde, les participantes et participants ont convenu d’une nouvelle rencontre après la pause estivale. Il s’agira alors d’évaluer si les mesures convenues le 17 février 2025 ont permis des avancées et de déterminer les points sur lesquels la discussion devra éventuellement être approfondie afin de renforcer encore la confiance dans la lutte contre le dopage dans le sport suisse.